Impact démesuré des émissions de GES

Si le secteur numérique était un pays, il émettrait autant de gaz à effet de serre (GES) que 5,5 fois la France ou deux fois le Canada.

C’est ce que révèle un rapport de l’association Green IT basé sur des données récentes.

Ce constat montre clairement à quel point nos usages numériques ont un impact considérable sur l’environnement.

Le numérique n’est plus seulement un outil au service de notre quotidien, mais également un contributeur majeur au changement climatique global.

Utilisation d’Internet

Croissance exponentielle des utilisateurs et des équipements

Le rapport démontre également que nous sommes plus de 5 milliards d’internautes à travers le monde, représentant une croissance de 30% sur les quatre dernières années, avec une forte progression notamment en Afrique et en Asie.

Cette montée en puissance des internautes va de pair avec une augmentation phénoménale du nombre d’équipements.

En moyenne, chaque utilisateur dispose de six appareils connectés, qu’il s’agisse de smartphones, ordinateurs, enceintes intelligentes ou téléviseurs.

Cette prolifération d’appareils contribue inévitablement à gonfler notre empreinte carbone.

Effets secondaires de la consommation numérique

Ce que cette explosion de la connectivité signifie sur le plan environnemental est significatif.

La production, l’utilisation et le remplacement fréquents de ces appareils consomment une quantité considérable de ressources naturelles et d’énergie.

Chaque nouvel appareil émet des GES lors de sa fabrication, de son transport et tout au long de son cycle de vie.

La demande croissante pour des équipements de dernière génération exerce une pression supplémentaire sur nos ressources déjà limitées.

En tant que société, il est crucial de prendre conscience de cette empreinte numérique grandissante.

La manière dont nous choisissons d’utiliser et de gérer nos appareils connectés aura un impact décisif sur notre capacité à répondre aux défis environnementaux du futur.

Pour réduire cet impact, il est nécessaire de repenser notre rapport aux technologies numériques et d’adopter des pratiques plus responsables et durables.

La consommation numérique démesurée

Budget numérique et besoins essentiels

Aujourd’hui, le numérique consomme environ 40 % du budget annuel soutenable d’un internaute, une part impressionnante de nos ressources totales et bien au-delà de ce qui pourrait être considéré comme raisonnable.

Ce budget soutenable est calculé pour rester en dessous de l’augmentation de 1,5°C des températures mondiales, tel que stipulé par les accords de Paris.

Malheureusement, cette allocation astronomique de ressources au numérique signifie que les besoins essentiels comme se nourrir, se loger et s’hydrater sont relégués au second plan.

Un poids croissant sur les ressources naturelles

La production et l’utilisation des appareils numériques dépendent de minéraux et métaux précieux, des ressources limitées et distribuées inégalement sur la planète.

En exploitant ces minerais, le secteur numérique accapare ces matériaux essentiels non seulement pour la technologie mais aussi pour les secteurs de la santé, des infrastructures énergétiques et de la défense.

Cette pression croissante sur les ressources naturelles pose un énorme défi pour le développement durable.

Des équipements toujours plus nombreux

L’augmentation systémique du nombre d’équipements connectés, des usages numériques et des utilisateurs figure parmi les facteurs exacerbant cette consommation.

Avec plus de cinq milliards d’internautes dans le monde, chacun possédant en moyenne six appareils connectés, la consommation numérique est effectivement « disproportionnée » en comparaison avec les besoins fondamentaux de la vie quotidienne.

La question de la surconsommation numérique n’est pas seulement une préoccupation économique mais aussi environnementale.

La surutilisation des ressources pour des activités numériques non essentielles amplifie cette tension sur des ressources limitées, soulignant l’urgence de repenser notre rapport au numérique.

Pour contenir cette spirale de surconsommation, une des solutions concrètes pourrait être d’optimiser l’utilisation de nos équipements numériques.

Il est impératif d’envisager une réduction du nombre d’appareils par utilisateur et de prolonger leur durée de vie.

Adopter une approche plus consciente et modérée permettra non seulement de réduire notre empreinte écologique mais aussi de revaloriser les priorités essentielles de notre mode de vie.

L’émergence de l’IA et son impact environnemental

L’intelligence artificielle (IA) émerge comme une technologie révolutionnaire, avec des applications allant de la traduction automatique à la génération de texte, comme c’est le cas avec Chat GPT.

Pourtant, cette innovation n’est pas sans conséquences environnementales.

En fait, l’IA générative représente actuellement environ 4% des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur numérique.

La part des serveurs IA

Les serveurs dédiés à l’IA jouent un rôle significatif dans cet impact environnemental.

Selon le rapport de Green IT, ils contribuent à hauteur de 1% à 5% de l’empreinte écologique totale du numérique, variabilité due aux différents indicateurs utilisés pour mesurer cet impact.

Ces serveurs sont de puissants ordinateurs qui nécessitent beaucoup d’énergie pour fonctionner, et cette consommation énergétique ne fait qu’augmenter à mesure que l’IA se développe et se démocratise dans nos usages quotidiens.

Une pression croissante

L’usage de l’IA connaît une croissance rapide, et avec elle, la pression environnementale s’intensifie.

Les algorithmes deviennent de plus en plus complexes et nécessitent des capacités de calcul élevées, ce qui se traduit par une consommation d’énergie et de ressources accrues.

Cette demande en ressources a des répercussions directes sur notre empreinte carbone et contribue à l’épuisement des ressources naturelles essentielles.

Transition vers des pratiques durables

Face à ces défis, il est impératif d’adopter des pratiques plus durables pour limiter l’impact de l’IA sur l’environnement.

Des solutions peuvent être mises en œuvre pour minimiser l’empreinte écologique, telles que l’optimisation des algorithmes pour les rendre plus efficaces en termes énergétiques et la promotion de centres de données utilisant des sources d’énergie renouvelables.

Il est également crucial d’examiner la nécessité et l’utilisation de ces technologies, en évaluant si l’investissement en ressources est justifié par les bénéfices apportés.

En repensant notre utilisation de l’IA et en adoptant des mesures de sobriété numérique, il devient possible de réduire les impacts environnementaux du secteur numérique tout en bénéficiant de ses innovations.

Solutions pour une sobriété numérique

Réduction du nombre d’équipements par utilisateur

Il est essentiel de repenser notre rapport à la technologie pour réduire notre empreinte numérique.

L’une des premières étapes consiste à limiter le nombre d’équipements que nous utilisons.

Aujourd’hui, chaque internaute possède en moyenne six appareils connectés, ce qui contribue de manière significative à la consommation de ressources naturelles et à l’émission de gaz à effet de serre.

Pour initier ce changement, nous pouvons envisager de fusionner plusieurs fonctions en un seul appareil.

Par exemple, utiliser un smartphone pour des tâches que nous effectuions auparavant avec une tablette, un appareil photo ou une liseuse.

Moins d’appareils signifie moins de production et de déchets électroniques, réduisant ainsi notre impact environnemental.

Prolongation de la durée de vie des appareils numériques

En plus de réduire le nombre d’équipements, prolonger la durée de vie des appareils existants est une autre stratégie efficace pour atténuer notre empreinte numérique.

La production de nouveaux appareils consomme beaucoup d’énergie et de ressources naturelles.

En utilisant nos appareils plus longtemps, nous réduisons la demande pour de nouveaux produits et, par conséquent, les émissions liées à leur fabrication.

Pour prolonger la durée de vie de nos appareils, nous pouvons adopter plusieurs pratiques :

Facteur Détails
🌏Mises à Jour Logicielles Effectuer régulièrement des mises à jour logicielles pour maintenir la performance et la sécurité des appareils.
🌏Protection des Appareils Protéger les appareils avec des coques et des écrans de protection pour éviter les dommages physiques.
🌏Réparation des Appareils Réparer les appareils défectueux au lieu de les remplacer dès qu’un problème survient, prolongeant ainsi leur durée de vie.

Pratiques pour Prolonger la Durée de Vie des Appareils

Optimisation de l’utilisation des services numériques pour minimiser l’impact environnemental

L’optimisation de notre utilisation des services numériques est également cruciale pour réduire notre empreinte environnementale.

Cela implique de prendre des décisions éclairées sur les services que nous utilisons et la manière dont nous les utilisons.

Pour minimiser l’impact écologique des services numériques, nous pouvons :

  • 🌏Privilégier les solutions cloud efficientes en énergie et qui utilisent des sources d’énergie renouvelable.
  • 🌏Choisir des services numériques qui s’engagent à réduire leur empreinte carbone.
  • 🌏Minimiser le streaming de vidéos de haute qualité lorsque ce n’est pas nécessaire, car cela consomme une quantité significative de bande passante et d’énergie des centres de données.

Adopter ces pratiques peut réduire considérablement l’impact environnemental de notre consommation numérique.

Cultiver une conscience numérique responsable est un pas vers un avenir plus durable, où l’innovation technologique ne se fait pas au détriment de notre planète.

  • Eduarda Moura est titulaire d'un diplôme en journalisme de l'université fédérale de Minas Gerais et d'un diplôme de troisième cycle en médias numériques. Forte de son expérience en tant que rédactrice, Eduarda s'engage à rechercher et à produire du contenu pour Journalinou, en s'efforçant de fournir des informations claires et précises à nos lecteurs.